Yves-François Blanchet dénonce la perte de poids politique de l’Est du Québec
De passage à la Fromagerie des Basques de Notre-Dame-des-Neiges le 2 avril, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a critiqué le redécoupage des circonscriptions fédérales, qui a retiré un siège dans l’Est du Québec, et en a ajouté un au nord de Montréal, dans les Laurentides.
«C’est une espèce de cercle vicieux qui dévitalise les régions du Québec en réduisant leur poids à la Chambre des communes, alors qu’il y a des exceptions», souligne le chef du Bloc québécois. Il cite en exemple l’Île-du-Prince-Édouard, qui compte 4 députés pour une population estimée à 178 000 personnes.
Selon M. Blanchet, l’ajout d’une circonscription dans la Région métropolitaine de Montréal lui permet d’obtenir davantage de poids politique, au détriment de l’Est du Québec, qui perd une voix importante à la Chambre des communes.
«C’est un exercice un peu grossier de la part du fédéral, dont le désir non-assumé publiquement est de réduire progressivement le poids du Québec au sein de la fédération canadienne», déclare-t-il.
Le candidat du Bloc québécois dans Rimouski-La Matapédia, Maxime Blanchette-Joncas, a rappelé que la Mitis et Les Basques ont été retirés du nom de la circonscription. Il craint les impacts de ce changement sur la population.
«Si on nous met de côté, on nous efface comme ça, comment voulez-vous que les gens se sentent interpellés? Je trouve que ça pourrait même avoir une incidence sur leur participation démocratique. Ça serait la dernière chose au monde que je souhaite», ajoute Maxime Blanchette-Joncas. S’il est élu, il s’engage à déposer un projet de loi pour modifier le nom de la circonscription dès son retour au parlement.
En 2014, l’ancien député Guy Caron avait mené cette procédure avec succès pour modifier le nom Centre-du-Bas-Saint-Laurent pour Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques.
Le dynamisme et l’attractivité des régions, que ce soit avec leurs centres de formations, leurs universités et leurs entreprises, font partie de la solution afin de contrecarrer cette perte d’une voix sur la scène fédérale, selon Yves-François Blanchet. D’après lui, l’avenir des régions et leur revitalisation passe par les moteurs économiques que sont la forêt, la pêche et le tourisme.
CHARTE DU BOIS
En matinée, le chef du Bloc québécois s’est arrêté à l’entreprise Cedrico de Causapscal pour proposer la mise en place d’une Charte du bois contraignante au Canada. Cette mesure vise à faire en sorte que les infrastructures du gouvernement fédéral soient construites ou rénovées à partir du bois d’œuvre québécois et canadien. Pour cette annonce, il était accompagné des candidats Maxime Blanchette-Joncas et Alexis Deschênes (Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine–Listuguj).
Yves-François Blanchet précise que la loi actuelle suggère l’utilisation du bois et qu’elle n’est pas contraignante. À l’ère des tarifs douaniers brandis par le président américain Donald Trump, l’implantation de la Charte du bois permettrait d’aider les entreprises locales en stimulant l’activité économique à l’intérieur des frontières.
«On demande de pouvoir soutenir ces entreprises-là en période de situation économique difficile. C’est-à-dire d’avoir accès à des prêts directs avec des bas taux d’intérêt qui sont flexibles pour que les entreprises puissent avoir des liquidités afin de passer à travers les prochains mois», explique le candidat du Bloc québécois Maxime Blanchette-Joncas. Il propose la mise sur pied d’un programme de subvention salariale qui permettrait aux travailleuses et travailleurs de conserver leur lien d’emploi, à l’image de ce qui avait été mis en place lors de la pandémie.
Maxime Blanchette-Joncas s’est aussi engagé à défendre le système de la gestion de l’offre pour les entreprises agricoles. L’économie de MRC des Basques repose sur l’agriculture et l’agroforesterie. «Dans cette prochaine renégociation d’accords commerciaux avec les États-Unis et le Mexique, on ne peut pas céder à nouveau», souligne-t-il. Selon lui, la création de brèches dans la gestion de l’offre risquerait de mettre à mal les producteurs et l’économie régionale. Il rappelle que le modèle québécois familial des entreprises agricoles soutient le développement économique de tout l’Est du Québec.
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