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Les citrouilles et les carrosses

durée 1 avril 2025 | 14h20
Corine de Repentigny
duréeTemps de lecture 2 minutes
Par
Corine de Repentigny

La voiture que je conduis date de 2005. C’est un bon bolide que je bichonne avec soin pour la faire durer. Je n’ai pas envie de la changer, mais un jour viendra — et il approche — où je devrai la remplacer.

 

J’ai souvent dit, aussi sérieuse que blagueuse, qu’une bonne auto devait maintenir au minimum trois éléments en parfait état : les freins, le chauffage et le système de son. Mon char actuel est bien équipé. Je peux même écouter la musique de ma jeunesse grâce au vieux lecteur de cassettes. Moi chus vintage à l’os…(chanson de Serba et Horg). Ce sera difficile à remplacer et ma boîte de vieux rubans sera probablement remisée à jamais. Soupirs.

 

Quand je réfléchis au prochain modèle d’auto que je voudrais acheter, c’est le néant. Je ne vois que des citrouilles sur le marché. Le carrosse de mes rêves n’existe pas. Si j’avais le pouvoir de choisir le design avec toutes les options qui m’intéressent, il ne ressemblerait à aucun autre véhicule du marché.

 

La principale différence, c’est qu’il serait solide et durable. J’ai volé dans de petits avions construits tout juste après la guerre. Si on était capable à l’époque de réaliser des coucous qui prennent encore la voie des airs en toute sécurité, je ne vois pas ce qui nous empêche de créer des voitures qui seront encore capables de tenir la route dans 75 ans. Pour l’amour du ciel (et du bitume) !

 

Imaginez que le marché de l’automobile change radicalement. On se limite à cinq modèles qui comblent les différents besoins : petite voiture, VUS, fourgonnette, camionette, pick-up. Ils sont usinés en série, année après année, ce qui baisse de beaucoup les coûts de production. Les options sont limitées pour répondre à trois demandes : de base, de luxe ou intermédiaire. On n’achète généralement qu’une ou deux voitures dans sa vie. Les pièces de rechange des morceaux qui subissent l’usure normale se trouvent partout, à petits prix. Comprendre les problèmes mécaniques n’est pas sorcier et il est difficile de se tromper. Simple, simple.

 

Imaginez maintenant que tout ce qu’on achète correspond aux mêmes principes.

Ingéniosité, solidité, pérennité.

On vient alors de réduire drastiquement un paquet de problèmes de notre société moderne : les mines et les industries polluantes qu’on ne veut pas près de chez nous ; le transport de marchandises par la route, le train ou le bateau ; l’enfouissement ou le recyclage des objets désuets ; l’empreinte carbone de tout ce qu’on vient de nommer. Socialement, on solutionne aussi le manque d’une denrée précieuse : le temps. Qui ne râle pas lorsqu’il faut faire réparer ou remplacer d’urgence la voiture, le réfrigérateur, la laveuse ?

 

Avez-vous vraiment besoin de vous pavaner derrière un volant neuf ? Pourquoi changer de voiture quand on peut changer de chandail ou de coiffure ?

 

Trop simple, trop simple (de croire aux contes de fées). Moi chus rêveuse à l’os…

commentairesCommentaires

1

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  • ÉV
    Éliane Vincent
    temps Il y a 12heures
    Ingéniosité, solidité, pérennité. Jusque-là ça va, on a prouvé qu'on pouvait le faire — mon vieux poêle Bélanger de 1957 continue vaillamment à me le prouver, une sauce à spag après l'autre.

    Maintenant, comment déconstruire la société de consommation, qui nous a convaincus en moins de 50 ans que conserver ses vieilles affaires, c'est tellement moins glam que la course au dernier modèle, nouveau, amélioré, in-dis-pen-sable, et qui continue vaillamment à nous en persuader, un influenceur après l'autre?

    Merci de me faire réfléchir...